Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mediapart.png

Mediapart :  

Territoire « non autonome » selon l’Organisation des Nations unies, voilà 37 ans que le Sahara occidental est une colonie marocaine, 50 ans qu’il est placé sur la liste des régions à décoloniser de l’ONU. 

Le Maroc y a construit mur fortifié de 2700 km, qui traverse le Sahara occidental dans sa longueur et sépare les territoires occupés, à l’ouest (qui comprennent les côtes atlantiques), des camps de réfugiés, à l’est.

Le documentaire L’autre côté du mur : les indignés du Sahara occidental (2011), donne la parole aux Sahraouis : aux réfugiés, aux exilés, aux défenseurs des droits de l’homme, aux prises avec une répression violente. Leur résistance culmine avec le mouvement de protestation de Gdeym Izik de 2010, dont le réalisateur Denis Véricel n’hésite pas à parler comme du premier soulèvement du printemps arabe.

Si les atteintes aux droits de l’homme et le pillage des ressources du Sahara occidental perdurent au mépris du droit international, c’est par l’effet conjugué d’une propagande et d’une politique de prédation du Maroc, qui profitent à ses partenaires commerciaux, parmi lesquels certains pays de l’Union européenne, dont la France.

Là se trouve sans doute un des leviers pour que la résistance pacifique des Sahraouis puisse déboucher un jour sur l’exercice de leur droit à l’autodétermination.

L’actualité donne un écho à cette lutte avec le verdict d’un procès rendu le 18 février 2013, suite aux violences liées à la destruction du campement de Gdeym Izik en 2010. Ce procès est considéré comme inéquitable par les organisations de défense des droits de la personne (voir l’article de Human Rights Watch).

Comment en êtes-vous venu à faire un film sur le Sahara Occidental ?

Une prise de conscience sur le terrain. Quand on descend toute la côte du Nord du Maroc au Nord du Mauritanie, on traverse ce grand territoire qui n’a pas vraiment de frontières. On a l’impression de rester au Maroc, tout en découvrant une culture différente, et petit à petit, en parlant avec les gens, on prend conscience de l’histoire et de la souffrance de la population, qui ne trouve pas d’auditoire pour s’exprimer sur la réalité de son quotidien.

En voyageant sur place, on s’aperçoit aussi qu’on est suivi en permanence par la police. Ça m’a pris du temps pour comprendre de quoi il s’agissait exactement. Le recueil d’informations lui-même est difficile. Il y a peu d’informations écrites, peu d’informations qui sortent du territoire.

Ce qui m’a paru important, aussi, on en reparlera, c’est que la France a un rôle à jouer. Elle a une grande responsabilité dans ce qui continue à se passer sur place. En tant que Français, on est en position de demander des choses à notre gouvernement, à la société civile et aux médias.

J’ai fait une dizaine de séjours au Sahara occidental. J’ai rencontré beaucoup d’étudiants sahraouis. Il n’y a pas d’université au Sahara occidental, ce qui fait que les étudiants vont au Maroc, dans les villes du Nord. La ville universitaire la plus proche, c’est Agadir. J’y ai passé beaucoup de temps la dernière fois, en 2005, à un moment où il y avait beaucoup de manifestations. La première chose qu’ils m’ont montrée, ce sont les coups qu’ils avaient reçus. C’est ça, la démocratie marocaine. Il y a une véritable répression. Deux jours après, nous étions tous arrêtés. On a passé une nuit au commissariat pour que la police marocaine puisse nous faire une sorte de leçon de géopolitique et nous explique comment le Sahara occidental était marocain. Leurs arguments ne tenaient pas vraiment debout. Ils me reprochaient d’avoir une carte, que j’avais prise sur le site des Nations unies, qui disait « Sahara occidental », quand eux parlent de « Sahara marocain » [voir lacarte de l’ONU]. Pour eux, c’était illégal.

Voilà comment j’ai commencé à m’y intéresser, et à vouloir donner un petit écho à cette lutte.

Lire la suite sur Mediapart.

danse72.jpg

Partager cet article

Repost 0